Mon chemin photographique suite : Workshop portrait avec Sébastien Roignant

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Crédits photo: Sébastien Roignant

 

Vous pouvez retrouver la première partie de mon article ici.

Comme je vous le disais, j’étais en pleine recherche de mon « pourquoi » photographique. C’est curieux comme question me direz-vous…

Pourquoi fait-on de la photo ? Comme me disait une amie récemment, on fait de la photo pour se souvenir et partager. C’est pas faux… Je fais ça, oui, c’est vrai. Mais je ne parle pas de ces photos-là, je parle des photos que l’on fait pour soi, celles qui n’ont pas destination à faire plaisir aux autres justement, celles qui me permettent de m’exprimer.

Après avoir réfléchi toute seule (ou presque, puisque Thomas Hammoudi m’y a aidé), je me suis donc dit qu’une confrontation avec mes paires serait très probablement un véritable coup de pouce. Je me suis donc inscrite à une formation sur « Le portrait naturel » avec Sébastien  Roignant.

Ce stage m’a beaucoup appris sur moi. Je vous avais déjà dit que j’étais en plein « introspection », mais j’ai encore découvert des choses sur moi. Par exemple, je suis une « râleuse » d’après Sébastien. C’est amusant car je ne me voyais pas comme ça, pour moi, j’étais plutôt une pinailleuse, mais soit, on joue sur les mots… En revanche, je ne savais pas que j’étais indisciplinée. Je ne remets pas du tout en question le jugement de Sébastien dans la mesure où cela m’a été confirmé par la suite, même par mon mari.

Par ailleurs, je ne pensais pas pourvoir m’intégrer aussi facilement dans un groupe, et j’ai adoré faire de la colocation pour ces deux nuits du week-end. Ça aussi ce fut une jolie surprise !

Ouais, OK, je n’avais pas besoin de faire un stage photo pour ça hein, une stage couture m’aurait appris la même chose, j’en conviens !

Alors quoi ?

Je souhaite tout d’abord vous faire part des craintes que j’avais au sujet de ce stage. J’ai remarqué que beaucoup de photographes reconnus ont des egos assez forts et j’avais peur que Sébastien ne fasse pas exception aux préjugés que j’avais. Et ben non. Il est très abordable et surtout n’est jamais jugeant. Il est plein de sensibilité et croit sincèrement que ses stagiaires peuvent progresser. Il ne nous a pas pris de haut. Ouf.

Ce que j’ai retenu au niveau photographique de ce stage :

  • J’ai suffisamment de maîtrise de la technique pour faire ce que je veux, et s’il me manque des choses, ce n’est pas cela qui fera obstacle à ma pratique car je pourrai l’acquérir sans problème.
  • Il faut assumer ses choix, dans la mesure où on sait pourquoi on les fait.
  • Seule la pratique peut nous faire progresser. C’est l’expérience qui fait la différence et surtout ce pourquoi on fait de la photo. On en revient toujours à la même chose… Quelle est notre quête ? Que voulons-nous dire ?
  • Sébastien nous a démontré que la réponse peut être évidente à priori ou bien nous apparaître à la fin d’une série comme cela a été le cas pour lui avec sa série de portraits. Ce peut-être des sujets « sérieux » ou bien une préoccupation qui semble plus « futile ». Mais quelle est part de nous mettons-nous dans nos photos ? Tant qu’on ne se pose pas les bonnes questions, on ne peut pas progresser dans sa pratique. Faire des formations techniques est le meilleur moyen de se voiler la face en se disant qu’on fait des efforts pour progresser. En effet, il est bien plus facile d’apprendre l’effet de l’ouverture sur la profondeur de champ que de se poser des questions sur soi. J’ai d’ailleurs eu une conversation avec Sébastien à ce sujet. Je lui disais qu’à mon sens, les photographes prenaient le problème à l’envers ! On commence tous par apprendre la technique avant de se demander ce qu’on a à dire ! Je donnais l’exemple d’un photographe que j’admire beaucoup, Alain Laboile, qui lui a fait le contraire : il était sculpteur et ne connaissait rien à la photo. Il avait besoin de photographier ses œuvres, alors il a acheté un appareil et a commencé à photographier sa famille, sans rien y connaître à la photo… Le résultat est merveilleux !

Alors bien sûr, cela peut ressembler à de la masturbation intellectuelle, je l’ai aussi pensé à un moment, et peut-être trouverai-je stupide ces mots dans un an. Mais ce que je sais aujourd’hui, c’est que je sens que je dois débloquer un truc, que je dois me replier sur moi-même et me regarder dans les yeux. Et paradoxalement, c’est en m’ouvrant aux autres durant ce stage que j’ai franchi le cap : la verbalisation de nos ressentis est un moyen extraordinaire d’en prendre conscience et c’est en cela que ce stage a été un véritable catalyseur pour moi.

Ce que je cherche dans mes photos ?

La beauté.

La vraie beauté.

La vie est belle, il suffit juste de regarder les choses, je veux changer mon regard sur le monde et trouver cette beauté dans mon quotidien.

Je veux devenir une indécrottable optimiste.

Je veux admirer les fleurs que je ne regardais pas.

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Je veux regarder cette tâche de café que je m’empressais d’essuyer.

Je veux contempler les toiles des araignées qui me dégoûtaient.

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Je veux aimer la pluie pour ses perles et ses reflets.

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Je veux attendre l’automne pour ses couleurs, vivre dans l’hiver et ses jolies lumières, guetter le printemps et la végétation naissante, traquer les ombres de l’été.

 

Je veux me lever avant le soleil pour capturer l’aube, je veux pénétrer la nuit et capter les lumières.

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Je veux attendre un passant pour compléter un tableau.

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Je veux immortaliser l’amour, l’amitié. Je veux figer l’amour d’un parent, l’innocence d’un enfant.

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Je veux capter des regards, rencontrer des âmes, extraire ce que les gens ont de meilleur en eux pour apaiser ma peur de l’autre.

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Je veux prendre l’ensemble des petits instants qui font le bonheur. Mon appareil photo, c’est mes lunettes roses qui font que la vie vaut vraiment le coup d’être vécue.

Merci à Sébastien pour ce moment très riche en découvertes, merci à mes paires (Evelyne, Dany, Roselyne, Adeline, Philippe, Jean-Michel, Olivier, Sébastien, Nicolas) pour nos échanges frustueux et enfin merci aux modèles (Camille et Marie) pour leur patience.

Et vous, pourquoi faites-vous de la photo ?

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« Et au milieu coule une rivière », Wales, juillet 2017

 

 

6 commentaires sur “Mon chemin photographique suite : Workshop portrait avec Sébastien Roignant

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  1. Je n’avais pas eu l’occasion de lire ton article, du coup j’y reviens et je suis à 100% en adéquation avec ta démarche. La photographie est pour moi une sorte de thérapie, et je crois que l’on ne peut s’empêcher de mettre beaucoup de soi dans ses images. C’est pour ça que chaque photographe aura une façon différente d’aborder le même sujet que son voisin car chacun l’interprète à sa façon.On a cette chance en tant que photographe de ne pas voir la même chose que le commun des mortels 😉 On s’extasie sur une belle lumière, on capte des scènes que d’autres ne voient pas, on est à l’affût du moindre changement… On a une plus grande perception du monde qui nous entoure et c’est ce qui fait notre richesse. Je ne peux que t’encourager à poursuivre sur ce chemin pour trouver ton pourquoi !

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    1. Comme je suis d’accord avec toi! Etre photographe est une chance car notre regard sur le monde change. On arrive même à aimer des choses qui au départ ne semblent pas agréables, comme la pluie qui laisse de jolies gouttes…Et puis je crois que du coup, nous enseignons cela à nos enfants. Combien de fois Ugo me dit « Regarde maman, comme le ciel est joli! ».Quel plus bel héritage pouvons-nous leur transmettre…Changer son regard sur le monde…

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  2. Je n’avais pas lu cet article au moment où il est sorti, et c’était bien dommage! Pour ma part, je me suis mise à m’intéresser à la pratique photographique après mon voyage en Islande pour lequel ma tante m’avait offert un compact, il y a désormais 7 ans, car je n’ai pas retrouvé dans mon album photo quand je l’ai fait « mon voyage ». Où était passé tout ce qui m’avait interpellé, émerveillé, bouleversé? Je me suis mise alors à travailler pour que, lors d’un voyage futur, je puisse rendre les émotions qui m’avaient traversés lors du voyage au travers des images.
    J’ai acheté des livres, une copine m’a parlé du blog d’Anne-Laure, nous avons sympathisé et j’ai fait un stage avec elle. Et puis elle m’a suggéré de faire un blog, et puis cela a fait boule de neige et j’ai continué: blog, livres, stages avec des photographes quand j’ai les sous et le temps.
    Pour ma part photographier m’apaise, me détend; j’y trouve également le plaisir de pratiquer une activité artistique en amateur, sans la pression et les contraintes d’un métier artistique professionnel; je bénéficie quand même de certains acquis de ma profession de musicienne et c’est agréable. Cela complète également tout à fait mon métier de chanteuse en nourrissant mon imaginaire, et j’aime cela.
    Il y a mon médium favori: chanter, où je m’exprime avec les sons et les mots, et puis il y a la photo, un espace d’expression plus contemplatif, et sans mots. C’est très enrichissant.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Cécile pour ce morceau de ton histoire. Cela me conforte dans l’idée que pour s’épanouir dans un art, il ne faut pas se contenter d’un seul centre d’intérêt. Notre créativité se nourrit d’autres expériences, tu le décris très bien! Bon dimanche :).

      Aimé par 1 personne

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